[ * Quelque chose commence pour finir : l'aventure de se laisse pas mettre de rallonge; elle n'a de sens que par sa mort. Vers cette mort, qui sera peut etre aussi la mienne, je suis entraîné[e] sans retour. Chaque instant na paraît que pour amener ceux qui suivent. A chaque instant je tiens de tout mon coeur : je sais qu'il est unique; irremplaçable - et pourtant je ne ferai pas de gestes pour l'empêcher de l'anéantir. Cette dernière minute que je passe, minute que j'aime passionnément, elle va prendre fin, je le sais. Tout à l'haure je partirai. Je me penche sur chaque seconde, j'essaie de l'épuiser; rien ne passe que je ne saisisse, que je ne fixe por jamais en moi, rien, ni la tendresse fugitive de ses beaux yeux, ni les bruits de la rue, ni la clarté fausse de petit jour : et cependant la minute s'écoule et je ne la retiens pas, j'aime qu'elle passe
Et puis tout d'un coup quelque chose casse net. L'aventure est finie, le temps reprend sa molesse quotidienne. Je me retourne; derrière moi, cette belle forme mélodique s'enfonce tout entière dans le passé. Elle diminue, en déclinant elle se contracte, à présent la fin ne fait plus qu'un avec le commencement. En suivant des yeux ce point d'or, je pense que j'accepterais - même si j'avais failli mourir - de revivre tout, dans les mêmes circontances de bout en bout. Mais une aventure ne se recommence ni se prolonge. ]
Et puis tout d'un coup quelque chose casse net. L'aventure est finie, le temps reprend sa molesse quotidienne. Je me retourne; derrière moi, cette belle forme mélodique s'enfonce tout entière dans le passé. Elle diminue, en déclinant elle se contracte, à présent la fin ne fait plus qu'un avec le commencement. En suivant des yeux ce point d'or, je pense que j'accepterais - même si j'avais failli mourir - de revivre tout, dans les mêmes circontances de bout en bout. Mais une aventure ne se recommence ni se prolonge. ]



